19/06/06 (1er jour)
MK: L'attente est interminable, surtout à la fin.
Voilà bientôt six mois que nous avons décidé de partir pour le tibet. Six mois de préparation, d'administration, d'entraînement, de renseignements… et aujourd'hui enfin le départ. Alors forcément quand j'attends que mon frère me rejoigne à la gare d'Austerlitz les minutes me paraissent longues.
Depuis longtemps nous nous étions dit que nous partirions un jour, loin. Aujourd'hui l'ensemble de nos espérances et de nos attentes se réalise. Cette sensation est étrange. Ni la peur, ni l'angoisse, peut être le trac d'aller vivre ce que nous attendons.
Le premier dépaysement a en réalité commencé à l'ambassade de l'Inde à Paris. Ne pouvant me déplacer j'avais demandé à JR d'aller directement cherché les visa rue Albéric MAGNARD. Après 45 minutes de tramway, une heure de train, trente minutes de métro et quinze minutes de marche à pieds, ce jour là s'avérait férié en Inde. Il trouva porte close. Quelques semaines plus tard, de passage à Paris, j'en profite à mon tour pour passer à l'ambassade.
Tous les bons guides touristiques le disent, il est préférable de venir se présenter au service des visas bien plus tôt que l'horaire d'ouverture. C'est pourquoi je m'y suis pointé à 7h30 au lieu de 9h30. Une file d'attente d'une trentaine de personnes était déjà présente. Surpris, je m'assois patiemment à la queue et attend dans la rue, plonger dans "Paris-Saïgon". Deux heures plus tard sentant un léger énervement monter dans la file d'attente je lève le nez et m'aperçoit que la file d'attente s'est considérablement allongée au point de sortir de la rue. L'inde était là, avec ses bruits, ses couleurs et ses odeurs. Les portes s'ouvrent. Plus personnes ne tient compte de l'organisation linéaire et structurée qui s'était constituée précédemment. Confusion et bousculade semi-polie.
J'arrive enfin au guichet. Présente mes papiers. Tout est OK, mais soudain on me lance un :
- "Vous pouvez venir chercher vos visa dans quatre jours."
- "Comment ça dans quatre jours ? Je ne peux pas revenir dans quatre jour, je n'habite pas Paris."
- "Ecoutez, je ne suis pa là pour écouter les problèmes des gens donc soit vous revenez dans quatre jours soit vous partez !"
La discussion est expéditive. Et en quelques secondes je me retrouve dehors et bredouille.
Finalement nous obtiendrons nos visas via la poste….
20/06/06 (2ème jour)
MK : Pour rejoindre Leh nous devons passer par Delhi. J'avais oublié comme les voyages en avion pouvait être éprouvant : attendre, dormir, attendre à nouveau, manger, dormir…
Nous faisons une brève escale à Doha au Qatar. Avec JR nous n'avions jamais vu le désert. D'avion, les couleurs sont extraordinaires et ressemble à une palette de peintre travaillant dans les ocres, jaunes, rouges…
Juste avant l'ouverture du sas, la température extérieure est l'enjeu de notre parie. Arrivé à 4h30 du matin nous hésitons à savoir si la fraîcheur de la nuit se fait encore sentir. Doucement, la porte s'ouvre. La chaleur du réacteur se fait sentir. Ce n'est que quelques pas plus tard que nous réalisons que cette chaleur écrasante est omniprésente.
JRK : A mon tour de me la jouer écrivan-aventurier. Commençons par le début du voyage. Lundi levé 9h départ 13h et entre temps une petite dizaine de millions de pas allant du sac à la chambre ; de la chambre au rez-de-chaussée ; du RDC au sac ; un parcours nécessaire à la dé-exitation de mon premier voyage hors europe.
Une fois dans le train, habillé en boy-scout des années 1930 dont la honte du mouvement pousse à ne pas porter le foulard, je m'installe dans le garage à vélo pour m'habituer au confort indien. Plus tard j'apprendrai que ce garage à vélo ferrophile était un luxe.
Bref, une fois arrivé à Austerlitz en étant rassuré qu'il n'y aurait pas de problème de retrouvailles malgré notre détachement du matérialisme communicatif propre à l'occident, on se l'est raconté touriste européen en week-end à Paris. Enfin au moins le cliché de la Tour Eiffel, avec nos deux faces aux sourires niais, est pas mal. Quel photographe ce Mathieu !
Après s'être limite paumé dans une station de métro, on a enfin réussi à arriver au bon terminal, dont la numérotation ne nous était pas connu. Après s'être renseignés aux renseignements, on découvrit que l'autre ticket indiquait bien le numéro du terminal. Tant pis, au moins avec l'avance, on n'aura pas attendre dans la queue. Qu'à cela ne tienne, à force de connerie et de fou rire, une queue de file d'attente s'amusait à faire une muraille de chine humaine.
Mais bon, on a réussi par partir, après 6 heures passées dans divers lieux du terminal 1. On est entré dans le plus gros avion où je n'avais jamais été. Un engin beau comme un camion de pompier sans échelle, pas rouge, une roue en moins, et avec deux réacteurs. D'ailleurs peut-être que pour souffler sur les incendies faudrait voir ces différences!
A cause de la taille de cette sardinière à ailes, on était pile juste à équidistance des baies vitrées, permettant la contemplation du paysage. Alors on s'est rabattu sur les mini-télés comme des enfants. Malgré l'heure de plus en plus tardive, on avait autant envie de dormir que des gamins découvrant leur paquet le 24 décembre. Pourtant, on aurait du, parce qu'on s'est fait éclaté ensuite.
Bon, sinon plusieurs impressions. Déjà la première, assez marquante, alors qu'on était dans l'avion et que je regardais vaguement la carte GPSisée sur ma télé à série usage individuel, à défaut d'être, comme supposerait la Tyler théorie à usage unique. Bref, je voyais qu'on était en gros au dessus de l'Irak. Et là, forcément, j'ai pas pu m'empêcher de me dire que j'étais dans un endroit super luxueux, et que je m'amusait à mater des films non seulement pendant mais au dessus d'une guerre civile.
Heureusement je vis quelques temps plus tard qu'on avait contourné le pays. Quel soulagement…
Et puis on a fini par atterrir dans un jeu vidéo Microsoft avec un désert encore mieux que dans les films. Le Qatar et l'Inde m'ont en fait impressionnés par leur degré de stéréotypation : c'est exactement comme ce que j'imaginais et même encore plus carte postale : Ouaouh.
MK : L'arrivée à Delhi est difficile. A peine déchargés de la douane, nous sommes interpellés maintes et maintes fois : taxis et porteurs proposent voir imposent leurs services avec insistance. Je comprend mieux les paroles de mon ami Vincent P. : "Mon refus de donner une pièce en devient presque obscène" . Au milieu de l'attroupement crée par l'agitation générale notre guide Muohon vient à notre secours. Trait fins, peau matte il paraît sympathique et sincère. Une fois réfugié dans le taxi il nous accueille avec une couronne de fleurs. JR et moi ne savons pas trop comment réagir. Nous hésitons : ce geste tient-il véritablement d'une coutume ou sert-il a satisfaire les touristes avides d'exotisme ? Probablement un peu des deux. Nous acceptons donc en remerciant spontanément pour son accueil.
Nous passons le reste du voyage coller à la vitre, profitant du spectacle qui s'offre à nous. Malgré tout nous nous sentons épiés. C'est-à-dire qu'avec notre peau claire, nos habits occidentaux et notre couronne de fleurs, nous sommes vite repérés. Certains nous montrent du doigt affirme JR.
L'agitation générale, la chaleur étouffante et la cacophonie de la rue finie de nous achever. Nous sombrons dans un sommeil profond.
21/06/06 (3ème jour)
MK : L'arrêt du climatiseur me réveil brusquement. 2h15. Probablement encore une coupure de courant. J'entends du fond de mon lit un téléphone sonner. Puis, le générateur démarre suivi quelques secondes plus tard par la remise sous tension du climatiseur. A son tour mon frère se réveil en sursaut. Nous devons être prêt dans une demi-heure pour prendre le dernier avion à destination de Leh.
JRK : L'ambiance ici est beaucoup plus accueillante que l'oppressante atmosphère de Delhi.
En tout cas, malgré un retard du guide du à la qualité et la longévité de son véhicule, on a réussi à prendre l'avion pour un voyage magnifique. Du hublot que l'on a finalement réussi à squatter, on a pu contempler, de pas très haut la chaîne himalayenne. En plus d'être un véritable spectacle géologique dont la beauté serait bien plus appréciée par nos géniteurs , la qualité de la 3D était bien supérieure à Google Earth !
Le plus impressionnant était probablement l'arrivée en 360° en rase motte ; encore mieux que la fête foraine croisée avec combat flight simulator.
Sinon, alors que j'avais l'impression qu'il était 14h voire 17h (Mathieu, lui tapait plus dans la fin de matinée) on a eu notre second déjeuné dans un hôtel luxueux (le premier était dans l'avion) à 8h du matin. Eclaté comme pas deux, on a fait deux siestes entre coupée d'un troisième déjeuner à midi. Et puis visite du marché, soleil intense, odeurs plus effacées qu'à Delhi malgré une persistance de poussière et de montagnes sans alpages polluées par des groupes électrogènes.
Après un resto au menu typiquement tibétain et des rencontres à l'hôtel typiquement touristique, on va enfin se coucher. A noter deux gros efforts pour cette journée, une fois encore de 48h, une leçon d'espagnol et une douche froide… je crois que je vais arrêter de me laver.
22/06/06 (4ème jour)
MK : Départ pour Thiksé et Hemis. Nous roulons vite, zigzagant entre les camions, les ânes, les badauds, les tas de cailloux Je suis scotché, tout comme JR, à la vitre. Le paysage est aride et horriblement sec. Nous prenons réellement conscience que malgré l'altitude nous sommes en plein désert.
Hemis va être notre première "initiation" au bouddhisme. Notre guide explique globalement le fondement de cette religion complexe, puis au fur et à mesure de nos questions, précise ses réponses.
Je retiendrais surtout une chose. Quelque soit les religions (Christianisme, Bouddhisme, Musulmane ) les messages fondamentaux sont les mêmes. Un message d'amour, de paix et de détachement matérialiste (euh enfin il faut vérifier tout de même ).
JRK : Idem, passionné par les explications très détaillés
de cette religions que l'on découvrait, les questions culturelles
et religieuses fusaient. De l'importance des couleurs à la position
particulière des mains des statues, notre guide à l'essai
développait les détails et les fondements du monastère
et de leur contenu. Ainsi nous firent connaissance avec le monde cyclique
des six différentes : humaine, divine, animale, désireux
(gros estomac, petit gosier), infernale et guerrière. Chacune de
ces vies comportent différentes souffrances (l'ignorance, la stupidité,
la frustration, la douleur
) mais seul l'homme peut aller au-delà
de ses souffrances, décrit notre guide. Enfin le seul moyen de
sortir de ce cercle est de devenir un bouddha , en se séparant
des trois "péchés" fondateur représenté
au milieu du cercle par le pigeon, le porc et le serpent. Ces souffrances,
qui poussent à un mauvais karma, sont sans cesse rappelées
par le crocodile (prêt à "manger" le monde). Crocodile
souvent représenté avec des centaines de bras et une femme
autour du coup. Une question surgit de ma tête :
- "Mais alors, qui est ce personnage ? une déesse ?"
- "Oh non, juste une femelle."
- "Ah, bon !"
23/06/06 (5ème jour)
MK : Nous déambulons dans les rues de Leh, profitant de notre dernière soirée avant le départ du Trek. Ces derniers jours, au fur et à mesure que nous arpentions ces rues, je suis de plus en plus à l'aise. Au début, perdu au milieu d'un tintamarre incessant, je ne savais trop comment réagir. Que faire pour ne choquer personnes ? Comment rester le plus discret possible ? Difficile étant donné notre couleur de peau… Petit à petit nous apprenons à déchiffrer un regard, une poignet de main ou une invitation dans un magasin.
L'appareil photo à la main, JR et moi somme aux aguets d'une scène représentative de l'ambiance. Les réactions des sujets varient du tout au tout. Certains ignorent l'objectif, d'autre posent et sourient de toutes leurs dents, mais certains restent distants. Mieux vaut ne pas insister ave ceux là.
Le mot le plus courant que nous utilisons est "Julle" . On peut dire un peu tout avec ce mot Indien : "Salut, Bonjour, En revoir, Merci…" c'est pratique et ça fait marrer tout le monde ; Nous décidons d'apprendre quelques mots, cela montre, d'après moi, que nous nous intéressons à notre interlocuteur, à sa culture, son mode de vie. Quoi de pire qu'un touriste réclamant un plat occidental dans sa propre langue ?
Tellement à l'aise dans la rue, nous n'hésitons plus à flâner aux grès de nos envies. Ainsi nous sortons rapidement des quartiers à "Touristes" et découvrons le marché aux fruits, Tibet Market avec ses bijoutiers, vendeur de corde ou de chaussures, couturier… C'est par hasard que nous débouchons sur un match de foot "officiel". Nous nous glissons discrètement dans les gradins…
Il arrive parfois que des enfants nous proposent leurs services (le plus souvent de cirer nos chaussures). Face à de si jeunes enfants, il est difficile de ne pas craquer et d'offrir quelques roupies. En France, nous ne nous baisserions même pas pour une pièce brune. Ici les enfants se l'arracherait. Donner une pièce ne l'aiderait sûrement pas. Cela ne fait qu'apaiser notre conscience…
Chedar est notre cook, ici à Leh. C'est lui qui nous prépare petit déjeuner, lunch et dîner. Jeune, il est d'un naturel souriant et serviable. Depuis notre arrivée il a pris l'habitude de finir systématiquement ses phrases par "Sir". "Yes, Sir" ; "Thank you Sir", "OK, Sir"… quelque soit la situation, nous avons droit à notre lot quotidien de "Sir". Mais ce soir s'en est trop ! Ca ne peut plus durer. Au dîner nous profitons de sa présence pour lui rappeler nos prénoms. JR hérite d'un "John" et moi d'un "Matou". Au passage nous lui demandons de ne plus dire "Sir" mais John ou Matou !
-"Do you understand Chedar? Stop to say "Sir" ! sur quoi il répond
-"Ok, Sir !"… C'est pas gagné.
24/06/06 (6ème jour)
JRK : Rocaille, sable, poussière, chaleur, le tout dans la bouche pendant que mon warrior de frère se tapait une veuille insolation pour cause de déshydratation. Une nouvelle claque ; et puis pas un "claquons" (petite claque). Sinon on a redécouvert le bruit du vent dans les feuilles, on s'est marré avec les lézards du Sahara dont l'environnement s'apparente avec les zones non irriguées. D'ailleurs on perçoit désormais l'efficacité de ces techniques ; perso ça me rappelle la sixième avec l'Egypte. Sinon au niveau nocturne, je suis bien content d'avoir quitté Leh à cause des "putains de sa race de merde aussi appétissante que du vomi de pompier un lendemain de 14 juillet" de chiens qui se décident bizarrement à aboyer comme des trous du cul dès que le soleil se couche. En parlant de pompier, on a testé une bière locale ; très locale, qu'on ne boit qu'ici ; locale quoi !
L'abus d'alcool est dangereux pour la santé : ici pas de risques.
25/06/06 (7ème jour)
MK : Tout avait pourtant bien commencé. Levé à 5h25, nous prenons notre petit déjeuner aux premiers rayons du soleil.
Sans jamais savoir où nous allons, nous montons. Sans rien dire. La montée est lente et difficile mais au moins pour le moment nous sommes à l'ombre. Un groupe d'âne se laisse dépasser puis bifurque vers la gauche.
Les pas se fond plus lourd. Je sens mon cerveau qui commence à taper sur mon crâne. Ca doit être les symptômes du manque d'oxygène. L'arrivée du col se fait attendre. Pour m'aider dans ma montée je me raccroche, par la pensée, à ceux que j'ai quitté et qui sont resté en France.
Le soleil nous rattrape, finie la fraîcheur. Ma tête cogne de plus en plus fort. Heureusement la vue est là. Le col approche, doucement, se cache derrière un rocher puis reviens. Enfin 4500m ! Accueilli par quelques drapeaux à prières et un squelette de mouflons, nous partageons quelques fruits secs avant de redescendre de l'autre côté.
Mon mal de crâne avait disparu mais le voilà qui revient. A chaque choc de mes chaussures sur le sol. Mon cerveau vibre. C'est insupportable. Tout est prétexte pour s'arrêter : mon lacet, la gourde, la crème solaire, la photo… Mais rien n'y fait. Cette barre qui me traverse la tête de part en part continue de cogner au moindre mouvement. La descente me paraît longue… trop longue. Du sable et des rochers à perte de vue. Aucune verdure, rien à part se soleil qui nous rappel sans cesse qu'ici c'est lui le maître et que rien ne lui résiste.
JR comme moi n'en pouvons plus. Un maigre ruisseau devient prétexte pour déjeuner. Tenzin, notre guide, ne peut qu'accepter. A peine le temps de nous asseoir, nous nous endormons dans un sommeil profond, exténués.
Une heure plus tard, je réveil JR. Il faut repartir pour le campement.
Mes pas résonnent dans ma tête. Je suis sûrement de plus en plus lent. Tenzin nous indique (enfin) la trace à suivre. JR comme moi réalisons qu'il y a un second col à passer. Impossible de négocier. Cette voie serait la plus courte pour accéder au campement. Mort de fatigue, je n'ose pas engager une conversation que je n'arriverais pas à finir. Je marche donc. Traînant un pied devant l'autre avec toujours cette migraine qui n'en finie pas d'augmenter. Ma tête tourne, mon pas est incertain. Mon frère le sent et réclame des pauses de plus en plus souvent. Impossible de réfléchir. Les ami(e)s a qui je pensaient tout à l'heure ne peuvent plus m'aider. Je ne peux même pas profiter du paysage, mes yeux refusent de se lever. De toute façon la lumière amplifierait mon mâle de crâne. JR me sent mal. Tente de négocier une redescente vers la vallée est un retour en 4x4. Rien à faire, selon Tenzin, nous sommes à mi-chemin.
Quelques mètres plus tard, je réclame une nouvelle pause. JR me tend de l'eau, je vacille et vomit le peu que j'avais pus avaler. Le mal de crâne ne cesse pas, au contraire. Je n'arrive plus à réfléchir, pire qu'un légume. Je ne sens plus mon corps à part ma tête qui cogne, cogne, cogne… JR me glisse sa casquette sur la tête puis m'enveloppe le visage dans mon chief.
Peu à peu je reprends mes esprits. Nous ne pouvons pas rester là. Nous repartons donc inlassablement, avec un rythme toujours plus lent ; j'ai l'impression que mes chaussures trébuchent sur chaque pierre.
Nous avançons, abrutis par le soleil, suivant tel des moutons notre guide. L'arrivée au second col me surprend presque, regardant au sol, je ne l'ai pas vue arriver.
Nous n'y traînons pas. En plus du soleil, le vent finirait de nous dessécher.
Mon mal de tête empire à l'idée de la descente qui nous attend. Il n'y a plus de sentier depuis longtemps. Nous descendons dans un pierrier coulant. Le soleil, le vent et maintenant la poussière rentrent dans chacun de nos pores. Nous sommes gris, assoiffés et migraineux.
La sèche collée sur le visage, le sable nous rempli tout de même la bouche et le nez. Ce pierrier n'en fini pas. Je me mets à saigner du nez mais la nappe grise qui m'entoure le sèche aussitôt. Je me demande comment mes jambes tiennent le coup et me portent encore. Les réserves d'eau s'amenuisent et nous ne voyons toujours pas de campement en vue (et Dieu sait que l'on voit loin ici). Nous continuons, tel des zombis à descendre, toujours descendre. Recherchant la moindre petit ombre pouvant nous laisser souffler de ce soleil si sévère.
Nous souffrons, l'eau se fait rare, l'énergie n'est plus là depuis longtemps et le moral commence à sérieusement manquer. Nous n'avons plus qu'une idée en tête : en finir !
Mon mal de crâne s'apaise enfin, me laissant quelques minutes de répit.
Je commence à comprendre ce que nous sommes venu chercher
Nous sommes venu nous chercher. Agrandir cette complicité qui nous
liait, cette fraternité.
Jusqu'au village mon frère me guida (hébété)
m'évitant les précipices. Une fois arrivée il s'écroula
littéralement.
28/06/06 (8ème et 9ème jour)
JRK : Quelques jours sont passés depuis la ballade où
je m'inquiétais sérieusement sur notre état et particulièrement
sur celui de mon frère. Mais bon, il y avait quand même de
bons côtés. Déjà on a fait deux 4300m dans
la même journée, le deuxième jour d'un trek. Ensuite
la fin dans les gorges était splendide pour ceux qui avaient la
force de lever les yeux. Et puis on a aussi fait du ski sans ski avec
des caillasses pour remplacer la neige, on a découvert une capacité
d'énergie incroyable (OK, c'était ça ou crevé,
mais tout de même) et enfin, on n'aurait jamais fait ça sans
guide.
Moi la tête ça allait, c'était plutôt les cuisses
qui prenaient cher. A chaque montée, chaque descente, chaque tournant,
de chaque rochers on croyait ou on nous disait que c'était bientôt
la fin. Et chaque fois, je me demandais comment c'était possible
d'être allé jusqu'à là. On était déjà
bien morts avant la seconde montée, et pourtant le guide, qui n'était
en fait qu'une boussole folle, continuait les irresponsabilités
:
-"Si, si, c'est plus court par là ; on arrive dans quarante
minutes !, il a vomi ? Ok on peut repartir ?"
Alors évidemment, quand on se retrouve dans la seconde montée,
avec un frère qui se la joue au bord de l'évanouissement,
en plein soleil Ladakien, à bout de force, on se rappelant qu'ici,
on est pas en France et qu'il n'y aura pas d'hélicoptère
pour nous sauver. Quand on se retrouve à économiser l'eau
et à dépenser nos (toujours) dernières forces, à
passer devant les divers états de décompositions des yacks
qui ont eu le malheur d'être venus ici ; quand on se retrouve là
dedans, on se demande forcément comment tout va finir. A ce moment
là, je me dis que tout ne tient plus qu'au moral de toute manière.
Je fais attention à Mathieu qui marche comme un girafon croisé
avec un col vert, et j'essaye de varier les "Oh putain, c'est ouf
!" avec les "J'en ras le c
" et les "Hey ! very
body, needs somebody."
Je demande souvent des pauses pour contrer les plans machiavéliques
de ce guide qui quelque soit le dénivelé, que connaît
que la ligne droite.
Une fois arrivé, je m'étale dans la tente, je ne suis même pas bien couché. Au réveil j'ai de la fièvre, je me recouche. Mathieu me rejoindra plus tard. Et là, il a dut se dire que j'avais du style alors pendant que je me remettais de mon over effort fiévreux, lui tombe malade. Il joue à la nuit du zapping entre les vomissements, les diarrhées et les nettoyages respectifs.
Le lendemain levé 5h35. On a gagné cinq minutes. Je
reste couché pour montrer que je suis naze. Mathieu qui a migré
en dehors de la tente pour des facilités techniques semble faire
de même.
6h10, je me lève bois mon thé, écoute les récits
des activités nocturnes de mon frère que je connaissais
déjà grâce aux sens que l'on peut utiliser dans le
noir.
Le guide nous dit que l'étape du jour n'est pas difficile. Il n'a
pas l'air de comprendre. Il nous que l'on peut prendre le bus si on veut
: il est à 9h. On demande à appeler Raju qui nous dit de
rester dans le campement pour la journée et qu'il arrivera en fin
d'après-midi. Ca nous soulage de voir enfin quelqu'un qui prend
des responsabilités. Tout le monde va se recoucher. Mathieu va
de moins en moins bien. Je commence sérieusement à m'inquiéter.
Après que l'on est demandé au guide de trouver une voiture,
Mathieu est transféré à l'hôpital militaire
à 15-20 minutes en 4x4. Et dire que le guide voulait que l'on y
aille à pieds : 20 minutes qu'il disait
Une fois là-bas, le médecin avait déjà diagnostiqué
le problème comme un mal des montagnes avant même qu'il ne
sache qu'on viendrait le voir.
Au moins la prestation et les médicaments seront gratuits.
On retourne au campement. Mathieu se recouche aussitôt. Raju arrive
et m'explique que si mon frère reste à l'état de
loque ce soir, on repart à Leh demain. Il confirme notre diagnostique
: insolation + trop d'efforts.
On attend impatiemment que le temps passe. La nuit les anti-vomitifs fonctionnent
pour Mathieu. Moi j'ai attrapé la turista avec toutes ces conneries.
Je re-saigne du nez, mais cette nuit là, je ne garderait pas mon
sang à repeindre la tente et à me faire des peintures de
guerres.
Le lendemain on repart à Leh en 4x4. Mathieu n'a pas l'air
d'apprécier le côté hypra massant des fauteils vibrant
du 4x4. Moi-même ça me fatigue. Je me change les idées
en tentant de prendre des photos.
On arrive à Leh, Mathieu se couche toujours dans le même
état. Moi je commence à me faire sérieusement chier.
Même après avoir re-visité les magasins. Déjà
que le shopping Ladakien c'est pas mon truc, mais alors tout seul c'est
carrément soporifique.
Je reviens. Mathieu toujours en pleine forme à l'air de produire
un ultime effort pour m'ouvrir la porte.
Le soir, Raju revient, on discute, on boit, Mathieu va un peu mieux. Demain
on ira voir un docteur. Je me sent enfin parfaitement bien, j'avais juste
besoin de manger.
Après la nuit de 10h, je me lève : 7h24. Je voudrais faire
mon espagnol mais le sortir ferait trop de bruit, donc j'ouvre le cahier
de voyage et rédiger ces deux derniers jours. Mathieu se réveille.
J'arête d'écrire.
29/06/06 (10ème jour)
MK : Je vais beaucoup mieux, je commence même à trouver
le temps long. Hier je suis retourné à l'hôpital,
celui de Leh cette fois-ci. En seulement quelques minutes j'ai été
ausculté, par un "vrai" médecin. Il a pris le
temps de me palper et de noter l'ensemble de mes symptômes.
L'hôpital de Leh n'est sûrement pas indiqué dans les
guides touristiques pourtant c'est bien ici que la réalité
nous saute aux yeux : des files d'attentes à n'en plus finir, des
enfants, des femmes, des militaires
Etat de désolation, le
tout dans une insalubrité plus que douteuse. Du matériel
vieux et usagé (je croie que même le stéthoscope était
plus vieux que moi). Bref, ici encore l'Inde nous rattrape et nous effraie
presque. Aujourd'hui j'ai encore un examen à l'échographie
à passer.
J'espère que nous pourrons remarcher avant le retour vers delhi.
Hôpital de Leh ; 10h50 :
J'attends.
JR s'est endormi sur moi pendant que j'attends mon tour
à l'échographie. Je regarde ce va et vient incessant autour
de nous : des vieux, des (très) jeunes, des siks, des musulmans,
des hindoues, des monks
Les gens se frôlent parfois se bousculent,
certains s'y retrouvent même. Il faut savoir qu'ici les hôpitaux
sont gratuits et ouvert à tous. Du coup j'ai le sentiment que l'on
vient dès qu'il y a un petit problème, enfin surtout pour
les citadins. Ca évite de payer le docteur. Pour les paysans s'est
une autre histoire. Mon tour tarde à venir, j'observe ses murs
d'un violet pastel dans la pénombre, même ici le calme ne
se fait pas : on téléphone, on papote, on prie
. C'est
fou !
J'attends.
Raju vient me chercher ; enfin mon tour. Je rentre dans une petite salle
coupée en deux par un vague paravent vert. Les auscultations se
font par deux, sans même prendre les soins de séparer les
hommes des femmes.
Je suis de vagues ordres : "Take off your shoes" ; "Sit
here" ; "Wait". Puis m'allonge "enfin". L'auscultation
commence par un bon tartinage de produit nécessaire à l'amélioration
de la qualité de l'image de l'échographie. Je crois que
d'entendre des médecins s'agiter autour de soit observant ce que
l'on a dans le ventre, poser des questions, chercher
ben
ça
fou les boules surtout quand on ne comprend rien à ce qu'ils racontent.
L'observation dure plus longtemps que je ne croyais. Lorsque je me relève
une jeune fille asiatique prend ma place. J'imagine qu'elle a compris
ce que les médecins autour de moi disaient.
Après le passage chez un dernier médecin, je sors enfin de l'hôpital. Je m'en tire plutôt bien avec seulement une infection de la vésicule biliaire ayant engendrés quelques calculs (enfin, c'est ce que j'ai compris). D'après le docteur il faudra tout de même que j'aille voir un médecin français dès mon retour.
JRK : Moi je suis éclaté. Déjà dans le
taxi menant à l'hosto, je sens une augmentation de la force gravitationnelle
au niveau de mes paupières.
Dans l'hôpital, c'est moi qui passe pour un malade et non mon frère.
Après 1h15 d'attente ensommeillé, on part au resto, ça
fait du bien, j'avais faim ! Et puis on lâche enfin Raju et sa clique
et partons en ballade vers la Japanese Tsupa.
Après la visite de la rue des "baroudeurs" que nous verrons
partir deux jours plus tard, nous arrivons face à un escalier qui
ferait perdre la vue aux malheureux qui tenteraient d'en cerner le bout.
L'ascension s'amorce. Mon frère et moi gravissons lentement les
marches alors que je réclame des pauses à tous les tournants.
Marche après marche mes jambes me rappellent que je suis naze et
j'en viens à me demander si on ne les a pas remplacées par
du coton lorsque je dormais à l'hôpital. Au bout d'un moment
- assez long à cause de mon entrain - la fin se fait sentir, la
Tsupa grossit de plus en plus jusqu'à s'imposer comme unique objet
visible dans le paysage.
Enfin nous y arrivons. En fait je devrais dire "J'y arrive"
car Mathieu est déjà sur place depuis qu'il m'a lâché
à la dernière pause, faute de patience face à ma
flemmardise.
Un "Waou !!!" sort de ma bouche. La place introduisant la Tsupa
japonaise est magnifiquement simple, sans barrière ni parures.
Le précipice qu'elle surplombe la mettant encore plus en valeur.
Cette atmosphère peu ladakienne est pour le moment une de mes préférée.
30/06/06
MK : Nous attendons de pouvoir repartir suivre notre trek mais Raju tente de nous faire patienter et nous occupe comme il peut en nous envoyant visiter Thac-Thoc et Chimley.
JRK : Des heures de routes pour deux temples dont l'un d'entre eux
brille par son in-originalité, sa petitesse et par l'ennui qu'il
arrive à procurer à tous voyageurs qui le visite !
Le resto du midi sera à l'image du premier temple, avec le côté
"vrai-vie-des-gens-d'ici" en plus.
On se fout un peu de notre gueule. En rentrant on part en ballade sans
eux. Rien de grandiose ni d'exotique, mais au moins on apprécie
plus.
01/07/06
MK : L'ennui pointant le bout de son nez, nous décidons de nous
lever tôt afin de monter au Tsupa surplombant la ville de Leh et
le palace. Tellement à l'aise dans cette ville de Leh, nous nous
y laissons égarer dans sa périphérie. Venelles ombragées
et loin du centre, celles-ci sentent moins fort ce qui n'est pas pour
nous déplaire. Quelques ruelles plus tard nous trouvons enfin le
chemin que nous cherchons. L'ascension commence
Le rythme est bon et nous montons bien. Seul le passage, en bas à
la sortie de Leh, d'une horde de motards, suffira à reprendre notre
souffle. Ce passage inattendu et quelque peu sonore nous emmènera
dans des discutions sur le mode de vie de ses bikers.
Une fois au sommet, surplombant la ville, nous apprécions le décollage
et atterrissage de l'avion du jour. Ici, tout nous paraît calme.
L'heure de redescendre arrive vite.
Rapide passage à la pharmacie avant un copieux repas avec le responsable
de l'agence locale afin de préparer notre départ pour Lamahuru.
Pour aller de Leh à Lamahuru, il faut au moins trois heures en
voiture (lorsque la route n'est pas coupée !). Ce voyage est plein
de rebondissements . Nous sommes littéralement subjugués
par les paysages. Nous ne sommes plus collés aux fenêtres
de la voiture, nous sommes carrément la tête en dehors de
la voiture !
Nous traversons successivement plateaux désertiques sur fond de
glaciers, précipices rocailleux surplombant un Indus bouillonnant,
vallées verdoyantes de blé fraîchement poussé,
canyons encaissés aux éclats de couleurs (violet, rouge,
noire, jaunes, blanche
). De la voiture, on a l'impression de regarder
la télé, sauf que là, on peut passer la tête
dedans !
Tout nous surprend et nous étonnes : comment se fait il qu'il y
est autant de camions ? Et d'ailleurs pourquoi la majorité sont
ils vides ? Y a-t-il beaucoup d'accidents ? A cette dernière question,
la réponse est vite trouvée lorsque nous croisons un camion
fraîchement couché sur le flan. Coup de peau pour le chauffeur,
cette fois ci il n'y avait pas de ravin. L'occasion est trop bonne pour
quelques clichés.
Quelques minutes plus tard ses sous nos yeux qu'une remorqueuse militaires
manque de se mettre en vrac. Coup de chaud pour nous car il nous arrivait
droit dessus.
Les passages dans les villages sont l'occasion de nous rafraîchir.
Dans le premier notre guide achète, à des gamin interpellant
les voitures, des sortes de gros haricots sucrée et plein d'eau.
Au village suivant, nous nous arrêtons prendre un coca et un thé.
L'ambiance est pittoresque. Je ne sais pas pourquoi, une fois assis à
siroter mon thé, j'ai imaginé que ce "bar" correspondait
tout à fait au bar PMU que l'on peut trouver en rase campagne en
France. Le thé serait remplacé par un verre de vin rouge,
le turban par un béret et les posters à l'effigie des dirigeants
iraniens par ceux du président du parti "Chasse, pêche,
nature et traditions". Plus tard nous prendrons deux autostoppeurs.
Le premier est taxi-driver et à perdu une pièces de son
taxi quelques kilomètres plus loin. Nous le déposons au
milieu de rien, sans sac ni eau. Le suivant ne dira pas un mot du voyage.
Il va à Lamahuru comme nous, or il reste de la place
Après une vague vérification de nos passeports par des militaires, nous pénétrons dans la zone la plus encaissée que nous jamais fait. La route est étroite et les camions peinent à se croiser.
L'arrivée à Lamahuru est magique. Nous nous laissons surprendre par le calme, l'espace et les couleurs de la vallée. Le guide nous propose alors une petite balade pour discuter du trek de demain. Nous longeons alors la crête juste au dessus du village. Le soleil se couche, ses rayons offrent une lumière rasante magnifique sur ses montagnes du Ladakh. Je pense alors à ma sur qui m'avait demandé de noter le moment que j'aimerais vivre (ou revivre) toute ma vie. Je crois que c'est celui là. L'espace, les couleurs et le temps me paraissent disproportionnés
02/07/06
MK : Levé particulièrement tôt (5h00), nous commençons
la journée par une énième visite de monastère.
Cependant cette fois-ci, vu l'horaire, nous avons le droit d'assister
aux chants d'un moine bouddhiste. Le soleil est déjà haut
dans le ciel pourtant le monastère reste obscure. Le moine s'arrête
de chanter quand il apprend que nous allons sur la montagne en face. Il
nous demande alors s'il est possible de prendre Lamahuru en photo de se
point de vue là et de lui envoyer. Amusé nous acceptons.
Après le traditionnel tournage de moulin à prière
par notre guide, nous entamons une montée difficile. Le sol s'enfonce
sous nos pas, avec la pente raide, l'accession au sommet n'est pas particulièrement
technique mais surtout fatigante. L'autre vallée s'offre à
nous. Les couleurs et la lumière sont, comme à leur habitude,
extraordinaire. Après une rapide fringale partagée tous
les trois nous attaquons la première redescente.
Nous arrivons ensuite sur les terres du "MoonLand" : une zone à la géologie particulière qui s'érode rapidement à chaque tombée de neige. Le résultat est spectaculaire, voir même quasi indescriptible. Nous errons entre les crevasses, collines et autres canyons de sable jaunâtre coagulé. Voulant toujours profiter du spectacle, nous demandons s'il est possible de grimper jusqu'au pic qui surplombe le MoonLand. Chose rapidement acceptée par Tinsine. Ce n'est qu'au passage du col que nous réalisons l'encaissement de la vallée suivante. Encore une fois le Ladakh nous révèles comme sont paysages peut être varié.
La seconde descente est plus ludique que la première. Les grandes
coulées de pierres nous permettent de littéralement glisser
sur des pant entiers de montagnes. Les sensations sont fortes et le plaisir
est grand.
Les quelques passages techniques sur les barres rocheuses nous rappelles tout de même que nous sommes hors sentiers. Dans l'après midi nous rentrons sur Alchi pour profiter de la soirée "ricochets" sur l'Indus (entre temps on aura visité encore un autre temple même si celui là s'est avéré un peu différent des autres.).
03/07/06 (4630m) (13ème jour)
Kadim, le chauffeur, nous laisse en bas de la piste. Nous évoluons
rapidement au milieu de gros rocher rouge rappelant la Corse. Notre guide,
contrairement au précédent, nous met facilement à
l'aise. Il prend des pauses, montes à notre rythme, répond
à nos questions
C'est donc sans aucune hésitation
que nous le suivons sur les voies plus ou moins aériennes. Le plaisir
reste intense dans la descente où la technique des glissades sur
cailloux n'a plus aucun secret pour nous.
JR comme moi sommes parfaitement à l'aise au milieu
de tous ces cailloux, rien de tel pour palabrer sur de grandes discutions.
Likkir : un bouddha géant nous y attendait, ainsi qu'un monastère
de plus. Nous commençons sérieusement à nous lasser
des monastères, c'est vrai que l'on visiterait toutes les chapelles,
de chaque village de Chamonix à Lyon, il y aurait comme un goût
de "déjà vu".
Ici la véritable compétition est au village qui aura le
plus grand bouddha ou le plus grand nombre de tsupa.
De retour à Leh, nous cherchons à préparer notre
dernière journée dans le Ladakh. N'ayant pas fait un seul
5000m, nous espérons louer des vélos, monter en taxi sur
la route au nord de Leh et tout redescendre comme des dératés.
Quel ne fut pas notre déception lorsque nous apprenons qu'il est
obligatoire de posséder des permis spéciaux pour de tel
altitude (une journée nécessaire pour les obtenir). De plus,
la route est bloquée après 11h pour des manuvres militaires
.
Tans pis pour les vélos
Tans pis pour le 5000m.
A suivre...